Après des études en histoire moderne et en philosophie à l’Université de Groningen, F. van Vree (1954) obtient un doctorat à l’Université de Leiden. Par le passé, il occupe en outre une chaire en histoire des médias à l’Université Érasme de Rotterdam. En 2010-2011, il est professeur invité à New York University, fonction qu’il a auparavant remplie au sein de plusieurs institutions à l’étranger. Ses recherches et publications, tant dans des revues scientifiques que dans des quotidiens et des hebdomadaires, s’articulent autour de deux domaines principaux : l’histoire et la mémoire de la guerre et de la violence au 20ème siècle, d’une part, et l’histoire des médias et de la culture journalistique néerlandaise, d’autre part.
Jusqu’à l’année passée, F. van Vree est Directeur du NIOD Instituut voor Oorlogs-, Holocaust- en Genocidestudies (2016-2021) et, précédemment, Doyen de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Amsterdam (2012-2016) et professeur dans le domaine des Media Studies. Avec le professeur José van Dijck, il jette les bases du désormais célèbre Département des Media Studies et du programme en journalisme de l’Université d’Amsterdam.
En tant que Directeur du NIOD, F. van Vree est responsable du programme Independence, Decolonisation, Violence and War in Indonesia 1945-1950, fruit d’une collaboration entre le NIOD, le Koninklijk Instituut voor Taal-, Land- en Volkenkunde (KITLV) et le Netherlands Institute for Military History (NIMH). Ce projet de recherche se penche sur la violence extrême dont l’armée néerlandaise a fait usage durant la Guerre d’Indépendance indonésienne et sur les conséquences qui en découlent, et investigue dans quelle mesure les responsabilités politiques et légales ont été prises face à cette violence extrême, à l’époque et ultérieurement. Le tout est abordé dans un contexte historique, politique et international plus large. Ces recherches, menées par trente académiques néerlandais, se sont déroulées parallèlement à deux projets internationaux : un projet à l’Université Gadjah Mada (UGM) qui impliquait onze chercheurs indonésiens et un projet qui réunissait six experts internationaux, avec pour résultat un total de quatorze études distinctes, dont certaines en plusieurs langues. La présentation des conclusions finales du programme, largement couverte par les médias, a eu lieu le 17 février 2022 et a mené à des débats politiques et aux excuses officielles du gouvernement néerlandais envers le peuple indonésien pour la violence extrême qui fut massivement utilisée pendant cette guerre.
Les travaux réalisés par F. van Vree dans le domaine de l’histoire, de la mémoire et de la culture historique datent du début des années 1990, époque à laquelle ils aboutissent à une étude pionnière sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale : In de schaduw van Auschwitz. Herinneringen, beelden, geschiedenis (1995). Avec Rob van der Laarse (UvA), il amorce un projet de recherche majeur, The Dynamics of War Heritage, Memory and Remembrance, qui résulte, en 2008-2009, en la création de onze postes de recherche par la Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek et dix fonds (semi-)publics et privés.
Au fil des années, F. van Vree a publié un grand nombre de livres et d’articles sur l’histoire des médias et du journalisme néerlandais, ainsi qu’une série d’essais et d’articles dans le domaine de la représentation historique et de la culture historique, aussi bien dans des revues scientifiques que dans des quotidiens et des hebdomadaires, parmi lesquels de Volkskrant et De Groene Amsterdammer. Il fut aussi l’un des fondateurs et des éditeurs de Feit & fictie, une revue sur l’histoire de la représentation (1991-1997), et le coéditeur d’importants volumes scientifiques, tels que History of Concepts. Comparative Perspectives (AUP Amsterdam 1998, également traduit en Chinois) et Performing the Past. Memory, History, and Identity in modern Europe (avec Jay Winter et Karin Tilmans, AUP Amsterdam 2010).
En outre, F. van Vree a été membre d’un grand nombre de commissions et de comités, tant dans le monde académique que sociétal. Il fut la force motrice du projet Quality and Relevance in the Humanities, qui a, avec succès, développé des normes d’évaluation qui rendent justice à la nature de la recherche en sciences humaines. Par la suite, il devint l’un des membres du comité à l’origine du protocole national Strategy Evaluation Protocol 2021-2027, conçu pour l’ensemble des universités et instituts de recherche des Pays-Bas.
Enfin, en dehors du monde académique, F. van Vree a entre autres été membre de la commission du prestigieux Praemium Erasmianum (2007-2015), du Netherlands Press Museum (2002-2009), du Amsterdam Expertise Centre of Journalism (2009-2013), du National Biography Series (1995-2003) et du National Cultural Broadcast Fund (Mediafonds 2001-2005).